2/09/2014

['56 Panhead] Courir deux lièvres à la fois

Courir 2 lièvres à la fois, c'est un peu ce qui m'occupe depuis la mi-janvier puisque non content de n'avoir encore pas bouclé la Nasty (le Pan '59 dans son cadre de Duo), une autre bestiole est elle aussi rentrée ici pour recevoir quelques soins.

Il s'agit cette fois de l'ex d'un vétéran de la guerre du Vietnam. Un modèle 1956 déjà pas mal modifié : cadre straightleg d'origine dont la colonne a été déplacée pour accueillir une sympathique fourche Girder, un Peanut monté en frisco, un bête garde-boue arrière flat fender, le tout mû par une roue avant en 21 et une arrière en 16.
L'ensemble est bas du cul. Pas gênant pour rouler dans le plat pays qu'est la Floride, mais plus délicat pour rouler dans un pays comme le nôtre où des saloperies de dos d'âne fleurissent par milliers.





Un bon gros flaming des familles, jaune légèrement pailleté -limite kitsch (j'aime !)- donne de la couleur à la dominante foncée couleur lit-de-vin / pourpre qui couvre aussi bien la carrosserie que le cadre. Cadre qui lui est moldé au niveau de la colonne mais aussi sous le peanut, ce qui habille joliment l'espace entre le cadre et les caches-culbuteurs.
La peinture, probablement réalisée "a long, long time ago", a globalement un peu trop vécu et a pas mal d'éclats... Des motifs maladroits genre balafres sanguinolentes ont été peints sur le haut du réservoir, dommage.



L'objectif sur celle-ci est de soigner tous les détails qui ont été -à mon sens- bâclés, virer les fautes de goût, en faire une machine fiable à 100% avec une bonne gueule de chop bien 70's. Le tout, le plus rapidement possible (2-3 mois maxi) et avec un budget réduit à son minimum mais utilisé à bon escient.

Et tout ça commence dès le premier jour, puisque je passe une bonne demi-journée dessus avec le concours actif de mon bon Père...


... à récurer le carbu, revoir les réglages (carburation, allumage), changer des bougies pas du tout adaptées, lui coller une batterie neuve et revoir les éléments de sécurité avant de pouvoir la faire chanter et partir enquiller une grosse centaine de bornes à son guidon.

Globalement : le moteur tourne proprement, pas de bruit parasite audible, les rapports passent tranquille (facile avec le système de sélection en camembert), l'embrayage grogne en 1ère (forcément moins perceptible sur les autres rapports).
Dans sa config improbable (selle solo inclinée sur ressorts ridiculement courts, coccyx douloureux à force de taper sur le garde-boue) et pas aidée non plus par le Z-bar qui n'aide en rien la manipulation d'une fourche rallongée et inclinée... cette moto est bien trop virile et éprouvante pour moi. A peine plus de 100 bornes et je suis rincé, et bien content de remonter sur le Knuck qui du coup me semble être un vrai vélo ! Va falloir revoir ça.

Comme tu l'imagines, mes petites vieilles je les préfère fines, endurantes et soumises... plutôt que mal achalandées, emmerdantes et dures sur l'homme !
;)

Allez, je vais donc comme d'hab te mettre ici les diverses updates, modifs et simples remplacements de pièces probablement inintéressants, mais pourtant nécessaires.

Comme toujours, je me retrouve avec un faisceau électrique pas du tout rassurant que je me retaperai plus tard.
 


Uniquement pour raisons esthétiques, je commence par virer la bobine Accel et ses fils jaunes-qui-piquent-les-yeux pour la remplacer par une bobine ronde chromée et ses fils noirs.


Je fais aussi sauter le Z-bar et le remplace par un buckhorn inox plus adapté à la Girder, qui à lui seul suffit à changer pas mal de choses sur la machine :
- la position de conduite et le confort
- la ligne générale
- l'aisance dans les mouvements droite-gauche de la fourche ("maîtriser plutôt que subir")


 
 
Remplacement également des poignées "viril-staÿle" par du classique et éprouvé "chopper-staÿle" :


Avant même de récupérer ce Pan, j'avais déjà trouvé la mignonne selle que j'allais poser dessus : une belle King & Queen en super état dégotée aux US :


C'est juste LA selle au top pour qui veut avoir les reins bien calés et une assise suffisamment généreuse pour rouler confortablement sur un rigide où t'as les pattes en avant et les mains au-dessus des cuisses. 

Et rien qu'avec ça (selle juste posée à blanc sur la photo...), mate déjà la gueule que ça va lui donner ! Pas vilain ça, hein ?! Ah ah, j'adore !


Autre chose dont j'suis pas fan : l'échappement arrière qui passe au-dessus de la boite. Ça te casse gentiment la ligne de la bécane, surtout s'il est couplé à un filtre à huile pendu par la tête au-dessus du carter de kick. Avec toutes les tubulures que ça engendre ça fait un peu trop bordélique à mon goût. Et autant je m'accomode (trop) facilement d'avoir du bordel chez moi... autant je ferai toujours tout pour que mes pétrolettes soient bien (ar)rangées !
;)

Allez, tout ça pour dire que je jette un sort aux échappements, en coupant une bonne moitié de l'avant, et en remplaçant l'arrière par un classique drag pipe dégoté d'occase.


Beaucoup mieux ! Vu qu'ils sont relativement courts, je leur fait avaler chacun un bout de chicane.
Il me reste à faire une patte pour l'arrière, en utilisant un point d'ancrage existant sur le cadre, ce qui permettra en plus de masquer 'utilement' l'un des nombreux endroits du cadre où la peinture a morflé.




Le pneu arrière (un Venom) a beau être comme neuf... il n'est pas du tout adapté à ce type de machine. Je le remplace donc par une réplique de pneu vintâââge.


Au-delà de l'aspect esthétique, je n'opte pas pour ce pneu au hasard => son profil bien plus haut que le Venom me permet :
- de combler une partie de l'espace pneu / garde-boue
- de ré-hausser un peu le cul du gros jouet.
Je n'ai plus qu'à me trouver la clé qui va bien pour ajuster l'assiette du cadre en jouant sur la longueur des ressorts de la Girder... et ma garde au sol sera plus probante. J'pourrais même kicker sans avoir la pédale qui frotte le bitume à chaque fois...... Simple non ?



Forcément j'en profite pour ausculter le tambour (un origine HD). Son diamètre interne est bien dans les cotes. Pour l'instant je le conserve, mais il n'est pas impossible que je lui substitue un aftermarket chromé neuf que j'ai en stock. Je verrai ça bientôt.


L'épaisseur des garnitures de mâchoires est également OK,  mais il faudra que j'ajuste le réglage des excentriques au montage final, histoire que le maximum de surface de frottement soit utilisée pour le freinage...



La flasque est comme neuve.



Bon par contre j'te dis pas la graille que j'ai trouvée dans le maitre-cylindre ! 
(... ou comment, sur un freinage anodin, se manger une caisse pleine face, ou aller se gaufrer au fond d'une crevasse après avoir loupé une entrée de virage au beau milieu des montagnes !)
Y'a des inconscients quand même (à droite : après nettoyage, mais avant coup de soufflette).


Autre coin bordélique : derrière la boite côté droit où se trouve le contacteur de stop fixé à la boite qui amène avec lui les durits d'entrée-sortie, et les fils d'alimentation du feu. Et quand je vois l'usure de la durit tressée... (mais vous z'êtes fou ? Ooooh oui ! Mais vous z'êtes fou ??)


... je n'hésite pas à supprimer l'ensemble (des inconscients, j'te dis !), ce qui -après avoir re-routé ma durit de mise à l'air- me laisse la place pour le passage des durits d'huile.


Pourquoi des durits d'huile à cet endroit (puisqu'il ne devrait plus y avoir que celle d'alimentation de la pompe) ? Bin parce que je délocalise le filtre à huile à proximité du repose-pied arrière. Ça m'évite d'avoir cette excroissance pendante (...) à côté du bac à huile, tout en réduisant visuellement la largeur de son flanc droit.
Me v'là donc parti à refaire une papatte pour le loger à cet endroit :


Le cahier des charges est simple : 
- pouvoir démonter le filtre sans être emmerdé
- ne pas gêner le démontage de la roue
- utiliser un système de fixation existant plutôt que d'ajouter un collier ou de faire des misères à la déjà-bien-attaquée peinture du cadre

Je pars pour ça du support d'origine que je torture en le coupant,


soudant, 
"Raaah, putain de téléphone !
Ouais, t'es qui ? T'es pas au courant que j'suis dans ma grotte en pleine hibernation, là ?
Rappelles plus tard !"
;)
 

(je disais donc : en soudant...)


... et meulant avant de le coupler au support du repose-pied. 
Au final, une patte qui ne ressemble pas à grand-chose (faut dire ce qui est...)


Mais qui remplit parfaitement son rôle, et me dégage l'espace en sortie de culasse arrière.

 
J'avais dans l'idée de partir sur un mix durites rigides-souples, mais :
1/ mon outil à battre les collets est récalcitrant
2/ j'ai l'impression d'avoir monté un alambic
alors qu'en montant tout en durites souples standard (et donc noires), le circuit d'huile attire moins le regard.
Je n'ai pas encore fini cette partie, et te montrerai plus tard le rendu. Il me reste la durit d'alimentation à remplacer, et je dois commander des colliers (noirs eux aussi).

Allez tiens, j'ai aussi trouvé un emplacement à peu près discret pour le gros rétro.


 et ai remplacé les boulons "hasardeux" qui serraient l'avant du moteur sur le cadre, par de la visserie ad-hoc parkerizée.


A suivre bientôt, j'suis à bloc là !

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